ONIAM : L’INDECENCE DEMASQUEE
Par Frédéric BIBAL - Humeur
Par un arrêt du 10 juillet 2008, la Cour de Cassation a été obligée de rappeler à l’ONIAM que :
« servie en exécution d’une obligation nationale en vue d’assurer au bénéficiaire la garantie d’un minimum de ressources, l’allocation aux adultes handicapés dont l’attribution est subsidiaire par rapport à d’autres avantages de vieillesse ou d’invalidité ou d’accident du travail, perçue au titre d’un régime de sécurité sociale et qui est subordonnée à un plafond de ressources de l’intéressé, variant selon que le bénéficiaire est marié ou vit maritalement ou est lié par un pacte civil de solidarité et a une ou plusieurs personnes à charge, constitue essentiellement une prestation d’assistance dépourvue de caractère indemnitaire dont la charge incombe à l’Etat, et qui n’ouvre pas droit à un recours contre la personne tenue à réparation ou à son assureur en application de l’article 29 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 »
Cette jurisprudence ne présente aucun intérêt par le principe qu’elle rappelle, puisque celui-ci est connu depuis 20 ans.
En revanche, elle a pour mérite de mettre au grand jour l’attitude procédurale de l’ONIAM, qui est à ranger parmi les plus dures à l’égard des victimes.
On citera simplement ici le commentaire lapidaire du Professeur GROUTEL dans sa revue (Responsabilité Civile et Assurances 2008, n° 287).
Cet universitaire reconnu, qu’on ne peut certainement pas taxer d’être trop favorable aux victimes, commente ainsi la décision de la Cour de Cassation :
« La prétention de l’ONIAM était indécente. Il y a 20 ans que la Cour de Cassation décide que l’allocation aux adultes handicapés n’a pas de caractère indemnitaire (Cass. crim. 24 juin 1988 : Bull. n° 294 ; resp. civ. et assu. 1988, comm. 8).
Et depuis, on ne compte plus les arrêts dans le même sens (voir récemment Cass. 2ème civ. 14 mars 2002, Bull. n° 47). »
On ajoutera que même dans la terrible affaire de l’hormone de croissance, l’ONIAM n’a pas hésité à demander au Tribunal de soustraire du préjudice de ces malheureuses victimes les allocations de solidarité qu’elles avaient pu recevoir durant leur agonie.
Indécence est bien le terme exact.
Ecrit le jeudi 6 novembre 2008 - Lien permanent de ce billet - Fil des commentaires de ce billet
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